Les tracés de Nazca

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Schéma représentant les différentes figures de la Nazca

Schéma représentant les différentes figures de la Nazca

Vue du ciel, la Nazca est gigantesque. Les tracés composés de dessins et de figures géométriques sillonnent la pampa sur une distance de plus de 500 km².
Les tracés de Nazca, au Pérou, sont les plus célèbres. Cependant, ces tracés terrestres, destinés à être vus du ciel, ne sont pas rares sur la Terre : il en existe dans de nombreux pays, y compris en Europe.

Selon le sol de la région, des techniques différentes ont été utilisées. Les marques de Nazca ont été tracées en déblayant la fine couche de pierres sombres couvrant la pampa désertique pour mettre à nu le sol plus clair.

La découverte

C’est en 1927 qu’un pilote péruvien découvre par hasard les incroyables tracés. Il vole alors au sud du Pérou, à 400 kilomètres de Lima et 50 kilomètres de la côte du Pacifique.
L’archéologue américain, Paul Kosok, est le premier à venir sur les lieux en 1939.

Lignes de Nazca vues sur Google Earth

Lignes de Nazca vues sur Google Earth

Ces tracés sont attribués aux Nazcas, un peuple assez méconnu qui a connu son apogée au cours des derniers siècles précédant notre ère.

La culture Nazca, qui s’est développée au début de notre ère, a été précédée d’une période baptisée Nazca primitif.
Elle est contemporaine de Paracas Necropolis, entre 300 avant et 500 après notre ère environ.

La culture Nazca, localisée sur la côte et l’intérieur des terres péruviennes, est connue pour avoir élaboré la poterie polychrome la plus éclatante de l’Amérique du Sud. Tessons et poteries retrouvées sur le site des tracés de Nazca appartiennent au style Nazca.
On retrouve sur les poteries et jarres funéraires l’inspiration des dessins de Nazca. Aux éléments géométriques se mèlent de nombreuses figures de têtes humaines et d’animaux.

Lignes de Nazca (vue aérienne)

Lignes de Nazca (vue aérienne)

La ressemblance entre certains de leurs dessins et ceux de la pampa permet de penser qu’ils sont les auteurs des énigmatiques dessins et lignes. D’inspiration sobre à ses débuts, la céramique Nazca atteindra par la suite une grande complexité dans ses motifs.

On a également retrouvé des momies. On sait qu’ils décapitaient leurs ennemis et vouaient un culte aux têtes coupées.

Les figures avaient été recouvertes par la poussière. Ils ont resurgi du passé dans toute leur splendeur grâce au travail d’une mathématicienne allemande, Maria Reiche. Elle leur a consacré toute sa vie à partir de 1945.
Grâce au carbone 14, il a pu être établi que certains résidus organiques trouvés dans les environs datent d’une période située entre 350 et 600 après notre ère et des poteries remontent au Ier siècle avant notre ère.
Mais, les lignes elles-mêmes et les dessins n’ont pas pu être datés.

Des dessins gigantesques

Ces tracés mystérieux sont appelés «pistas» dans les pays de langue espagnole. Les aviateurs peuvent en observer depuis l’équateur jusqu’au-delà des tropiques et tout le long de la Cordillère des Andes.

Au Pérou, les pampas sont d’immenses étendues vierges de sable et de pierrailles. L’endroit où il y a le plus de tracés se situe entre Palpa et Nazca.
On peut différencier plusieurs types de dessins :

  • Les lignes qui ressemblent à un long sillon
  • Les pistes qui sont des surfaces claires en forme de pistes d’atterrissage, rectangulaires ou triangulaires. Leur largeur varie de 3 à 100 mètres
  • Les dessins à proprement parler : animaux, hommes…

Même d’avion et à haute altitude, on ne distingue pas la fin des grandes lignes qui semblent partir dans toutes les directions.
Pourtant, ces lignes sont régies selon un plan puisqu’elles aboutissent toutes à des pistes. Ces lignes se comptent par milliers. Lignes et pistes sont d’une géométrie parfaite et le désordre de l’ensemble n’est qu’apparent. Ceux qui ont étudié Nazca ont donné des noms à ces dessins en fonction de ce qu’ils sont censés représenter.

L’identification est cependant, dans de nombreux cas, très subjective.
Les dessins sont appelés «grabados». Parmi eux, il y a l’araignée, longue de 46 mètres, dont l’abdomen est moins important que le thorax. On trouve également un singe qui fait 100 mètres de long. Il a été dessiné en pleine action et sa longue queue se replie en spirale. Ce singe n’est pas un singe pour certains auteurs. Ils y voient plutôt un homme dans un «engin volant».

Plusieurs dessins sont recouverts de lignes. Cela implique que les dessins sont plus anciens. On trouve notamment :

L'araignée
L’araignée

La baleine

La baleine

Le colibri

Le colibri

L'«astronaute»

L'«astronaute»

Le singe (ou un homme volant ?)

Le singe (ou un homme volant ?)

Le perroquet

Le perroquet

 

D’autres dessins sont difficiles à interpréter : volatiles à quatre pattes, sauriens, poissons, poussin, fleurs, serpents à plusieurs têtes ainsi que des objets non identifiés.
Les tracés sont constitués tantôt par de simples rangées de pierres brutes, tantôt par une variété de graminée des Andes, l’Ichu.

Outre les tracés énigmatiques, un peu partout on trouve des débris de poterie rouges. Ces débris dateraient, selon les professeurs Rowe et Menzel, d’environ 2 000 ans.
Les sondages effectués en 1948 par le Docteur Rossel Castro n’ont mis au jour que de rares ossements de petits animaux sauvages.

Le site a été abondamment pourvu de poteries mais on ignore dans quel but. Cependant, les tracés n’ayant pu être datés, on ne peut affirmer que les poteries sont de la même époque.

Hypothèses

Pour le professeur Kosok et pour Maria Reiche, la Nazca est un calendrier astronomique. Ce dernier était utilisé par les anciennes civilisations pour connaître les dates d’équinoxes, d’éclipses, le moment des semailles. En effet, le 22 juin 1941, Kosok vit le soleil se coucher au bout de l’une des lignes. C’était le solstice d’hiver au sud du Pérou, ce le qui convainquit que les lignes avaient une vocation astronomique.
Pourtant, lorsque l’astronome Gérard S. Hawkins encoda les divers alignements dans son ordinateur, en cherchant à isoler une période donnée entre 5 000 avant notre ère et 1900 de notre ère, il fut déçu. Aucune des lignes n’était dirigée de manière concluante vers certaines étoiles à des moments importants comme le solstice ou l’équinoxe.
Mais, plus tard, le Dr Phyllis Pitluga, une chercheuse de l’Adler Planetarium de Chicago, découvrit que ce n’était pas tout à fait vrai.

Ses recherches démontrèrent que l’araignée géante était censée représenter la constellation d’Orion et que la série des lignes droites qui l’entouraient retraçait les mouvements des trois étoiles du baudrier d’Orion.
On remarquera que, pour l’araignée de Nazca, comme pour les pyramides de Gizeh, un rapprochement a été fait avec le baudrier d’Orion.

L’ethnologue Simone Waisbard et son fils, informaticien, sont persuadés qu’il s’agit d’un calendrier météorologique ou plutôt de plusieurs calendriers superposés au fil des siècles ce qui explique que certains sont recouverts de lignes.

Un autre spécialiste du site, Tony Morisson, penche pour une signification religieuse en se fondant sur les coutumes et la religion des Nazcas.

L'astronaute, curieuse silhouette humaine adossé à sa colline, est considéré par certains comme la preuve que les tracés de Nazca sont le produit d'une culture extraterrestre.

L'astronaute, curieuse silhouette humaine adossé à sa colline, est considéré par certains comme la preuve que les tracés de Nazca sont le produit d'une culture extraterrestre.

Bien sûr, l’hypothèse d’un peuple non terrien a été largement émise. Depuis la découverte des tracés, la Nazca est devenue pour certains la preuve tangible que les extraterrestres ont débarqué sur Terre. Mais outre ces affirmations hâtives, il faut prendre en compte des éléments plus sérieux qui rend cette hypothèse plus raisonnable.
Des lecteurs de la Bible ont rapproché les visions d’Ezéchiel de certaines descriptions d’ovnis : «des roues enflammées transportant des êtres vivants dans le ciel».
Certains phénomènes décrits par la Bible et par d’autres textes anciens exprimeraient-ils la réaction de peuples dénués de technologie devant des machines qu’ils ne pouvaient comprendre ?
Ce n’est pas du tout invraisemblable car après tout, on peut également imaginer comment réagiraient les hommes du 19ème siècle face aux prouesses techniques d’aujourd’hui.

Les tracés de Nazcas ont bien été faits par des hommes mais peut-être étaient-ils destinés à des «êtres» venus du ciel ?
En effet, une chose est sure, ces tracés ont été faits pour être vus du ciel et non du sol. Ils avaient donc une destination céleste.

On songe bien sûr immédiatement à des dieux vénérés par cette civilisation. Les dessins deviendraient alors des repères géants pour guider ces dieux en vue de leur hypothétique retour ou tout simplement en hommage à ces dieux.

Tony Morrison, un zoologiste qui a étudié les lignes avec Gérald Hawkins, conclut son livre Pathways to the Gods (1978) par une citation, écrite en 1586 par Luis de Monzon, un magistrat espagnol :

«Les vieux Indiens disent que […] d’après ce qu’ils savent de leurs ancêtres, dans des temps très anciens, avant que les Incas ne règnent sur eux, un autre peuple était venu qu’on appelait les Viracochas. Ils n’étaient pas nombreux et furent suivis par des Indiens qui avaient écouté leur parole.
Ils disent aujourd’hui que ce devait être de simples personnes. Et c’est pour eux qu’ils ont construit les pistes qu’on peut voir aujourd’hui.»

On retrouve donc là le légendaire héros civilisateur Viracocha, aussi appelé Quetzalcoatl, dont les Indiens espéraient le retour quand Cortès débarqua.
Ce peuple aurait alors tracé ces gigantesques motifs parce qu’ils s’attendaient à voir revenir Viracocha, par la voie des airs cette fois. Les dessins auraient été censés servir de balise.
C’est sans doute l’explication la plus simple et la plus évidente sur le rôle de ces lignes. À cela, on peut ajouter que lignes et dessins pouvaient être des symboles religieux et de fertilité.

Élaboration des tracés

Comment les Nazcas ont-ils fait pour tracer des dessins aussi parfaits sans les voir ?

Maria Reiche affirme que c’est en agrandissant des maquettes dont elle a trouvé les traces près de certaines figures animales.

L’Américain Jim Woodman et l’aérostier anglais Julian Nott ont essayé de prouver que les Nazcas savaient fabriquer des ballons à air chaud pour superviser le tracé des figures. Ils ont fabriqué en 1975 un ballon en utilisant du tissu et des cordes du même genre que ceux trouvés sur les momies nazcas.

Les marques de Nazca ont été tracées en déblayant la fine couche de pierres sombres couvrant la pampa désertique pour mettre à nu le sol plus clair

Les marques de Nazca ont été tracées en déblayant la fine couche de pierres sombres couvrant la pampa désertique pour mettre à nu le sol plus clair

Le ballon s’est élevé à 90 mètres avant de s’écraser. Bien sûr, rien ne dit que les nazcas ne savaient pas voler mais rien, non plus, n’est venu le confirmer. De plus, ce n’est pas en prenant de l’altitude qu’on peut dessiner une figure de 300 mètres.

En fait, nul ne sait avec certitude quelle technique a été employée pour réaliser ce chef-d’œuvre uniquement visible du ciel mais certaines hypothèses sont plus plausibles que d’autres.

Il est bien plus probable que la théorie de Maria Reiche soit la bonne. Il s’agissait simplement de créer une version agrandie d’un plan ou d’un dessin.
La réalisation de dessins gigantesques n’est pas hors de portée avec une main d’œuvre consciencieuse dirigée par des prêtres.
D’ailleurs, il n’est pas entièrement vrai que les lignes de Nazca ne peuvent être distinguées au niveau du sol.
Il y a dans la région de nombreuses collines et montagnes qui auraient permis aux artistes de prendre du recul…

La seule information certaine dont nous disposions est que les tracés ont été obtenus en déblayant le sol pour faire apparaître une surface plus claire.

 

Alors, messages envoyés aux dieux, gigantesque calendrier astronomique ou pistes d’atterrissage destinées à une civilisation venue d’ailleurs ? Les hypothèses se bousculent pendant que Nazca continue de nous offrir son spectacle.